"A mon avis, ce que la Fantasy apporte le plus au monde, en dehors d'une pure littérature d'évasion, est une propension incontournable à aider le lecteur à comprendre que le monde n'est jamais exactement tel qu'on le croit. En tant que lecteur, la Fantasy m'a toujours aidé à redécouvrir le merveilleux de notre monde et a été la source d'un désir profond d'approcher le monde avec des yeux, un c½ur et un esprit grand ouverts. La qualité première de la Fantasy est sa diversité, et sa capacité à ouvrir les yeux de ses lecteurs sur l'infinité des possibilités existantes. Si quelque chose fait cruellement défaut à la culture contemporaine, c'est le sens de la découverte et de l'émerveillement, le sens de l'imagination et la volonté de trouver ce qui est bon et magique dans notre monde.
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La Fantasy, pour moi, se préoccupe d'ouvrir les esprits, de bousculer les préjugés et d'instiller au lecteur une curiosité insatiable. Combien de lecteurs, enchantés par l'idée de patrouiller dans les forêts, sont devenus gardes forestiers ou écologistes ? Combien de lecteurs, attirés par le combat du bien contre le mal, sont devenus officiers de police ? Combien de lecteurs, happés par les différentes populations et cultures de la Fantasy, sont devenus sociologues ou anthropologues ? Est-ce que ce sont là des métiers moins importants pour notre société que ceux de physicien ou de biologiste ?
Un autre thème récurrent de la Fantasy est celui d'un jeune homme (ou d'une jeune fille), vivant la plupart du temps dans la misère (garçon de cuisine ou de ferme, hobbit, etc.), qui persévère à travers des épreuves bien plus grandes que ses forces présumées et qui finit par triompher d'une puissance (physique ou spirituelle) contre laquelle nombre de personnes traditionnellement plus puissantes et mieux armées ont échoué. Renvoyer la Fantasy à ses quartiers de littérature d'évasion, de littérature qui n'a d'autre valeur pour notre société que celle de divertissement, est irrespectueuse envers tous ceux qui, dans notre monde réel, ont persévéré dans de semblables situations.
La Fantasy nous enseigne à croire en nous-mêmes, à croire en notre monde et à croire que par-dessus tout le reste, si vous essayez assez fort, vous allez y arriver. Et si cette quête du succès, cette volonté de mener le bon combat ne sont pas aussi importantes pour notre monde que n'importe quel physicien, alors je vis dans le mauvais monde. Heureusement pour moi, il y en a des centaines d'autres qui m'attendent dans les pages de chaque livre.
LOU ANDERS